02 novembre 2006

Banlieues: Politique de l'autruche?

Les récents évènements dramatiques de Marseille ont fait la une des médias qui se complaisent dans une narration horrifiée tout en insistant sur l'extrème jeunesse des criminels et sur le caractère exeptionnel de ces faits.

De ci, delà, on entend parler de quelques autres bus brulés, mais du bout des lèvres...

Un malaise se dégage de ces infos...malaise accentué ce matin par l'annoce sur A2, de l'opposition faite par un préfet à une perquisition ordonnée au domicile de dealers, au prétexte que cette dernière risquait de ne pas leur plaire et d'entrainer de graves évènements dans les banlieues, comme l'an dernier!

Ou va t'on? Pour en savoir plus, j'ai comme tout un chacun surfé sur internet et suis tombé sur le Blog de Didier Pillet directeur de l'information à Ouest France; un journaliste qu'assurément on ne peut pas qualifier de fasciste!

Après avoir titré "Non, le bus incendié de Marseille n'est pas un acte isolé", il poursuit "...Le pire après l’incendie d’un bus à Marseille par un commando de jeunes, qui a laissé entre la vie et la mort une étudiante de 26 ans, serait de se convaincre qu’il s’agit là d’un acte isolé, exceptionnel. Tous les efforts de communication mis en œuvre depuis samedi 28 octobre pour dédramatiser et enrayer la possible contagion ne masqueront pas le caractère symptomatique d’une société sous tension de cet acte de violence gratuite..."

et plus loin

" ...le pays n’est pas à feu et à sang.  Il va quand même globalement mal.
À sa tête, les responsables affolés, courent d’une annonce de déblocage de crédits à l’autre pour panser les plaies tout en reconnaissant « qu’il n’y aura pas de remède miracle ». À la base chacun rame comme il peut, se demandant continuellement où est la bonne direction. La France vit déboussolée, sans repères, ce qui favorise tous les individualismes, tous les égoïsmes, tous les corporatismes, tous les sectarismes et communautarismes, la violence ordinaire d’une vie collective de plus en plus perturbée par une violence extraordinaire que les problèmes laissés sans solution légitiment un peu plus chaque jour aux yeux de leurs auteurs.
Car la fureur est partout, ayons la lucidité de le reconnaître......."  ".............La violence est dans la famille, et pas seulement dans celle des quartiers pauvres. Elle est dans l’entreprise, dans les commerces, dans la rue. Elle prolifère sur les ruines de l’éducation familiale et scolaire. Ses premières manifestations sont prises pour de l’impolitesse, un manque de savoir vivre. Au fait, il y a combien de temps que vous n’avez pas dit bonjour à votre voisin ? Puis il est question d’incivilités. La cage d’escalier taguée, le rétroviseur arraché, les poubelles incendiées. Qui n’en a pas subi directement les effets ?
Ce sont ensuite les corps à terre, ces « petits tas tombés » que chante Souchon, que l’on s’habitue à enjamber, sans honte ni remords. Puis l’entreprise pillée, vandalisée. Les coups prennent alors le relais des mots et la violence descend du foyer, du bureau dans la rue, dans les stades................

".......Faites parler les chauffeurs des transports collectifs et vous aurez une image précise de l’état de violence rampante, larvée, lancinante et obsédante, dans lequel se débat notre pays..."

Le journaliste d'Ouest France fait àppel au dialogue et conclut: Et si on en parlait vraiment durant cette campagne présidentielle ?

Pour avoir plus d'info et prendre la température au "coeur même de la fournaise", j'ai appelé un proche qui, pour être depuis longtemps, dans la vie active et bien "inséré" dans une grande ville du Sud de la France (même s'il galère comme beaucoup de jeunes de 30 ans), n'en a pas moins gardé des contacts avec des amis de jeunesse qui, pour certains, sont proches de ceux que l'on peut qualifier de "caids de banlieues".

Son témoignage a été net et sans dentelles! Il relate à la fois son amertume, sa désespérance et son incompréhension face à l'inertie et ce qu'il appelle la faute criminelle des pouvoirs pubics, en ce sens qu'ils appliquent la politique de l'autruche !

Je lui ai demandé de me l'adresser en mel et Je vous le livre sans modifs: (je vous avertis il tape fort, et, sur moi, en premier...)

Salut, comment ça va? Le boulot? l'ambiance dans la ville les quartiers?

C'est pas brillant!

Aujourd'ui,  ce que je peux dire, c'est que l'état Français est dans la merde, parce que celui-ci nous marche
sur la figure
.

A l'époque de votre jeunesse, vous les soixante-huitards, vous vous plaigniez
de votre manque de liberté, dans un pays où la famille et l'éducation
étaient primordiaux, mais vous avez essayé de vous révolter contre une
morale peut être trop rigide. Mais vous étiez encore libres.

Aujourd'hui, pour aller droit au but, je pense que tout ce qui se passe chez
nous, viens du manque de moralité de ceux qui ont libéré certaines moeurs en
68.
En effet, à mon avis, cette génération a été gatée, du fait d'avoir émergé de
l'aprés guerre, gatée économiquement, favorisée par l'emploi et la liberté
d'entreprendre, libre grâce à sa petite, minuscule révolution.


Il se trouve qu'aujourd' hui, c'est cette génération qui nous dirige en
majeure partie, et que celle-ci, qui s'est voulue libre à l'époque, est en
train de nous ligoter de l'intérieur.
C'est cette génération qui a créé de 1970 à aujourd'hui son petit univers
égocentrique, et qui nous prive aujourd'hui de nos libertés.

Je ne comprends pas comment en trente ans notre pays est passé d'un
eldorado, ou chacun pouvait changer de région comme il le voulait, pouvait
trouver un appartement ou une maison  comme on achète une baguette de pain,
quitter son employeur du jour au lendemain sans risquer de se retrouver sous
les ponts; à un pays où nous sommes asservis totalement à l'état, où l'on a
que le droit de fermer sa gueule et de payer pour les autres.

Aujourd'hui, si tu travailles t'es même pas sur de pouvoir te loger, mais
en plus le marché de l'emploi est à l'image de ce que nous sommes devenus,
moribond.

Notre génération est libre, certes, mais entiérement étouffée d'interdits. La
jeunesse est écrasée par ceux qui sont passés avant, parce qu'ils se sont
emparés entiérement du gateau, pour nous laisser des miettes. Cette
génération a bouffé tout le pognon sans penser à sa progéniture, et je ne le
comprends pas.

Aujourd'hui, tu gagnes moins qu'avant, tout coute plus cher
proportionnellement, le logement est devenu un luxe, la haute technologie nous envahit, c'est vrais qu'on a
tous internet...

L'état, dans tout ça, tire, je pense, son épingle du jeu, moi je dirais que nous
sommes des capitalistes-communistes,
c'est à dire que nous avons la liberté
de travailler ou non, de vivre sur le dos des autres où non, nous bossons,
pour les derniers qui travaillent encore, quasiment pour survivre et permettre aux autres, les riches
et les pauvres de s'engraisser sur notre dos

... parceque j'ai la conviction qu'il y a deux sortes de parasites trés néfastes chez nous : Touts deux profiteurs : La classe moyenne qui ne veux pas travailleret qui est souvent issue de la classe moyenne des années glorieuses, ou alors de la banlieue mais ça c'est un autre problème et l'autre c'est celle du haut patronat qui gratte tout ce qu'elle peut à la société, en cheville avec l'état.

Ce que je trouve trés compliqué, c'est que je pense que dans quelques mois ça va péter...

Quand on va voir sur nos ecrans de télé le résultat des élections et ce sera surement la tête de Nicolas, ça va flamber dans toutes les cités, nous allons surement rentrer dans un couflit Franco-français avec des variantes...

Quel camps va ton pouvoir choisir?

Moi je serai du côté du bon Français, mais où est-il?

Ce qui est sur c'est que je ne serais pas du côté de ceux qui ne veulent rien foutre depuis trente ans
et qui ne se sont pas intégrés.

Mais dans les quartiers, il y a de tout et bien que l'état puisse dire que ces quartiers sont infectés d'une minorité, que vont faire les gens biens de ces quartiers?

Vont ils se battre aux côtés des fous qui brulent des filles, accompagnés  des gauchards avides de pouvoir
contre un état qui se fout de notre gueule depuis trente ans, Ou vont-ils s'associer à la cause de l'état, ou faire leur loi eux même????

Je crois que ça va être trés compliqué, parcequ'on va être manipulés, par tous les vampires qui nous gouvernent associés et de mèche à ceux qui veulent nous gouverner.

Mais le plus grave, c'est que dans ce bordel organisé et voulu par ceux qui nous dirigent, ya quelque chose qui va leur péter à la gueule, c'est que ces soit disant quartiers, ou soit disant une minorité térrorise tout le monde, moi je peux me permettre de dire, parce que je l'ai vu de mes propres yeux, cette chose, c'est la solidarité de ces gens qui sont aujourd'hui rassemblés autour d'une religion. Et autour de la religion, d'autres
profiteurs, autres que les enfoirés qui nous dirigent, s'en sont emparé dans les quartiers pour
rallier des jeunes à une cause qui pourrait faire un sacré dégat.

J'ai commencé à parler des gens de soixante huit parce qu'ils sont à la base de toutes les incohérences de notre système actuel, et j'espère qu'ils vont réussir à réparer dans quelques mois la situation parce que quand ça va péter pour notre génération, à mon avis, soixante huit sera du pipi de chat à côté de ce que va donner notre révolte, je dis notre révolte, parceque toutes les interdictions, les atteintes à la liberté, l'unique droit de fermer notre gueule et de payer,etc... vont peut être malheureusement nous
rallier à la cause des profiteurs de la classe myenne basse, c'est à dire, comme dit plus haut, à ceux qui ne veulent pas s'intégrer ni travailler.

Pour résumer ce dernier paragraphe, je pense que les cons qui paient, de la classe moyenne basse, et les parasites de cette même classe, qui en profitent, vont certainement s'allier. En effet, je pense que la "racaille du haut", celle qui profite, en moins grand nombre, de tous les avantages de notre

pays tout en manipulant la racaille du bas, est encore plus néfaste.

Enfin bref, c'est pourquoi il est difficile de s'identifier dans tout ça et de choisir son camp...

Moi je choisirai celui qui se rapprochera le plus d'une cause pour une France ou la jeunesse aura peut être le dernier mot, mais j'avoue que je ne sais pas encore si cette cause sera plus défendu par le côté de la racaille des quartiers, ou part le côté de la racaille des faux bourgeois....

A moins que tout ne s'arrange par un coup de baguette magique...

Ce qui est cool s'est que aujourd'hui je peux ecrire ces quelques mots pour exprimer mon impression, je ne suis pas un psycopate ou un enfant gaté, je suis un peu perdu dans tout ça et je pense que nous sommes des millions....

Enfin on verra dans quelques mois...

Désolé pour les soixante-huitards...

Faut bien qu'il y en ait qui prennent un peu....

Fin de l'échange! Edifiant non?

Et je passe sous silence les détails donnés, de vive voix, sur les stocks d'armes planqués dans les caves, les mots d'ordre qui circulent sur les ventres des filles de français de souche qu'il faut coloniser, les quartiers qu'ils faut bruler pour attirer la répression et ainsi impliquer les habitants tranquilles, les réunions aux bas des immeubles, passé minuit, animées par les barbus tout de blanc vétus, avec un seul mot d'ordre pas de bruit, profil bas, attendons le grand jour!

Comme le dit mon interlocuteur nos gouvernants ne peuvent ignorer cette situation, ou alors ce n'est pas la peine d'avoir RG, DST et le Toutim; alors qu'attendent ils pour crever l'abcès? Que Le Pen vienne au pouvoir? Je n'ose le penser! A moins qu'ils ne soient empétrés dans une pseudo conscience (je dirais plutot inconscience) collective droit de l'hommiste qui fait qu'il faille, en France, obligatoirement provoquer le pire, pour  être en mesure de régler un problème sans que l'opinion publique se mobilise!

Vous savez, parfois, il m'arrive même d'avoir peur que certains m'entendent penser et n'envisagent une manifestation de masse devant la préfecture!

Posté par aetius à 18:31 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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