15 février 2009

St AUDIMAT

J’ai regardé hier une émission fort intéressante sur les relations de la télé (ex ORTF) et du pouvoir.
La démonstration y était faite que chaque gouvernement amenait son lot de bouleversements et sa façon d’appréhender la liberté de la presse ;
A chaque changement de pouvoir politique, une nouvelle donne était faite pour, affirmait on, donner plus de liberté aux journalistes, mais cela se faisait avec son lot de mises au placard et  les mauvaises habitudes reprenaient vite le dessus.

L’émission concluait cependant en affirmant qu’il n’était plus possible aujourd’hui que les journalistes soient asservis au pouvoir comme ils ont pu l’être par le passé.

Est-ce bien sur ? N’y a-t-il plus de censure ?

A la lecture ou à l’écoute des principaux médias, on peut en douter.

Les principaux sont des caisses de résonnance amplifiée de la rue, aussi promptes à changer de sujet ou de position que l’est la foule, gardant en permanence un œil sur les sources autorisées, cercles proches des pouvoirs, où des liens privilégiés d’information sont à préserver. Difficile exercice, donc ; ainsi, on change radicalement du jour au lendemain, la ligne éditoriale, selon que la rue demande ou que le pouvoir fronce les sourcils et au mieux on parle d’autre chose.
Bien sur, et heureusement, il nous reste quelques grandes plumes, mais elle n’ont plus accès à la ligne de leurs journaux et se réfugient souvent sur le net

Ainsi récemment pendant la première quinzaine des graves évènements de la Guadeloupe, seuls quelques brèves apparaissaient épisodiquement,  le sujet étant certainement jugé inintéressant pour les client-lecteurs métropolitains et pouvant gêner les fournisseurs des cercles politiques.

Autre exemple, les évènements de Madagascar où, Andry Rajoelina,  le maire de la capitale, Antananarivo tente de déposer le Président Marc Ravalomanana. Manifestations, émeutes, carnage font plus d’une centaine de morts et plusieurs centaines de blessés. Le premier est de toute évidence ami de la France où il fait ses études, alors que le second est désigné comme grand ami de Georges Bush et a, accessoirement, peu d’amitié pour la France.
Alors souci de ne pas embarrasser nos autorités, désintérêt parceque c’est loin des préoccupations quotidiennes du français moyen ou bien éternel et quasi institutionnel complexe de culpabilité judéo-chrétienno-colonial, toujours est il que notre presse a pudiquement jeté un voile sur ces graves évènements qui déchirent un pays ami à la culture et à la langue franco-malgache.
Peut être aussi faut il voir, dans ce non-journalisme, le souci de ne pas déplaire aux grands groupes qui dépècent en toute impunité les richesses de cette jeune démocratie.

Ne pas déplaire aux clients et aux fournisseurs, c’est bien ce qui rend notre presse souvent imbuvable et insipide quand elle ne hurle pas avec les loups..Pas étonnant que le web lui fasse une féroce concurrence.

Et puis il y a St Audimat ! St Audimat, la guillotine moderne du journaliste honnête!

Posté par aetius à 19:35 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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